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de Christophe
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lundi 13 février 2012
Par ChrisAlz le lundi 13 février 2012, 19:27
Le griffonnage de petits visages féminins inventés est une activité chronique, obsessionnelle, qui m'accompagne depuis l'enfance. Ceux qui connaissent mon travail pictural savent que pour moi, il n'y a pas de visages objectifs, que tout visage est forcément subjectif, que sa représentation instantanée autant que mémorielle, n'est qu'une invention psychique procédant des expériences personnelles et des acquis culturels. Peu de choses sont plus intimes que la représentation, intrinsèquement fantasmatique, d'un visage — et de tous les visages. Aussi mes visages féminins ne sont-ils jamais des portraits au sens commun du terme, quand bien même il leur arrive (parfois) d'être inspirés de personnes.
À force de crayonner ces petits visages, tant et tant d'années, ils semblent avoir acquis une vie propre, une capacité à être plausibles dans l'infime, dans le ténu des granulations du papier. Voir à la loupe la trace à priori grossière de la mine de graphite apporte, sans mauvais jeu de mots, une surprise de taille : c'est la finesse et la justesse improbables des détails et des matières, alors que le contrôle de l'outil à cette échelle est des plus limités et qu'à l’œil et sous la main, dans l'effectuation, tout est confus. À une échelle importante et à priori inadaptée (sur l'original, les yeux ci-dessus ne font que 2mm de haut), le visage prend vie au travers de détails dont la pertinence surprend et dont je ne peux pas être complètement l'instigateur. Il n'est pas question d'exactitude morphologique, mais de vraisemblance, comme si la matière était plausible aux confins, d'autant plus vivante que par sa démesure elle quitte et extrapole tout à la fois l'intention du geste et l'intuition de l'image. Ce qui est certain, c'est qu'à nouveau se joue ici le thème de l'intimisme omniprésent dans mes recherches, puisqu'il faut s'approcher au plus intime de la matière pour expérimenter cette définition inattendue.
samedi 14 janvier 2012
Par ChrisAlz le samedi 14 janvier 2012, 11:43
Par ChrisAlz le samedi 14 janvier 2012, 03:06
vendredi 13 janvier 2012
Par ChrisAlz le vendredi 13 janvier 2012, 09:03
(Prises de vue : Clément Durand. Un grand, très
grand merci à lui ainsi qu'à Christophe Vardemme
pour la construction du nouvel atelier. Merci également à Alexis Dagois pour la
partie électrique)
mercredi 12 octobre 2011
Par ChrisAlz le mercredi 12 octobre 2011, 20:08
vendredi 29 juillet 2011
Par ChrisAlz le vendredi 29 juillet 2011, 20:33
Jeunes indiennes étudiantes en médecine. Train
de nuit d'Udaipur à Bundi. Rajasthan, Inde.
15 décembre 2009. Extrait de carnet de voyage.
mercredi 25 mai 2011
Par ChrisAlz le mercredi 25 mai 2011, 04:36
Comme généralement, la constitution sédimentaire de ces visages se fait dans la lenteur des fins. Les principaux symptômes apparaissent comme une éclaboussure, dans le jaillissement galvanisant des évidences intuitives, dans ce qui doit être fait, doit être dit, dans ce qui doit être projeté.
Et puis viennent l'asymptote et l'abîme : travail lent et sporadique de destruction des architectures spontanées, elles disciplinent les emportements, s'éloignent de l'intime des à-peu-près, apportent le temps à l'espace, un peu plus de dess(e)in à la matière.
Le jaillissement essentiel peut se faire en quelques minutes, quelques heures, tout y est. Et puis viennent des semaines et des mois à regarder et regarder encore, pour toucher et retoucher fébrilement chaque fois que des bribes tardives de l'évidence, suspectes et nécessaires, surgissent. C'est comme une sculpture où l'on soustrait à la masse, et la taille est lente et délicate, car il ne faut pas blesser ce qu'elle recèle.
L'évidence est un instant, mais sa preuve est laborieuse. Ce travail asymptotique de recherche du point de déséquilibre qui dit et contredit et par cette vibration crée un peu la vie, est chaque fois un travail de deuil des candeurs premières, le prix à payer pour pérenniser le furtif, en cherchant à trahir le moins possible l'initial ... et en acceptant aussi un peu d'être emmené ailleurs.
vendredi 15 avril 2011
Par ChrisAlz le vendredi 15 avril 2011, 09:47
mardi 8 février 2011
Par ChrisAlz le mardi 8 février 2011, 18:49
Il m'aura fallu six mois pour terminer cette toile, et deux autres mois pour en être certain. Sa constitution aura été sédimentaire entre toutes, lente expression d'une lente déconstruction. Cette toile est autant l'accompagnement du délitement que le deuil qui lui correspond.
Ce paradoxe de faire pour signifier le défaire n'est pas sans me rappeler, de loin, la fameuse phrase de Picasso : "Tout acte de création est d'abord un acte de destruction". Coulure et effilochage, dislocation et dissolution, enfouissement, perte dans la masse, ces expressions de l'évanouissement de la figure dans l'espace ou la matière restent typiques de mes thèmes picturaux; pourtant j'ai voulu que cela prenne ici une dimension plus tragique, de l'ordre de l'inexorable de certaines déliquescences.
Plus que pour d'autres toiles encore, à cause de la densité fourmillante des matières et des réseaux, il est difficile de s'en faire une idée d'après photo seulement.
La notion de "dislocation" n'est pas en l'occurrence sans m'interpeller. Disloquer, c'est littéralement "chasser de sa place". Se disloquer, c'est "perdre son lieu". C'est un peu, à plusieurs degrés, "fuir". C'est en la circonstance un évidement, puisqu' un objet se défait dans son espace, le rendant vacant puis vain, sans légitimité, y laissant toutefois la douleur de son pourrissement, volume-éponge gorgé de son vide grandissant. C'est ainsi que ce qui m'a le plus retenu d'achever cette toile est le doute concernant son pourtour, c'est -à-dire le passage où se joue la légitimité d'un espace se prétendant lieu, mais aussi la frontière par laquelle il garde ou perd contenance.
Ce visage est un lieu qui perd la raison, un être qui n'a petit à petit plus lieu d'être, qui se "déduit" dans l'espace et le temps. L'instantanéité spatiale propre au pictural nous en permet en effet une exploration à la fois temporelle et atemporelle, commutant l'étiolement en recomposition dans un diachronisme qui rend possible une concomitance de l'apparaître et du disparaitre, fixant et étirant tout à la fois la fin du sujet dans l'infini.
dimanche 19 décembre 2010
Par ChrisAlz le dimanche 19 décembre 2010, 19:33
Voyageuse endormie, train pour Cannes, 9 août
2010. Lydia lisant, train pour Chamberry, 13 août 2010.
Extrait de carnet de croquis.
mardi 7 décembre 2010
Par ChrisAlz le mardi 7 décembre 2010, 01:54
Réminiscence, juillet 2008. Les toiles 06, 07 et 08-2008 à leur première étape de réalisation, qui a été faite simultanément. Initiés de façon similaire, les protocoles ont ensuite beaucoup divergé pour chacune des toiles. Une époque de jouissance créative, pleine de trouvailles sur mes thèmes de prédilection...
On me demande souvent quelle est 'ma' technique : même si elle se rejoue sur des bases familières, ce n'est jamais la même. Je veille à ne jamais systématiser le 'process', parce que je crois que si Art il y a, c'est dans la recherche et la prise de risque. J'ai souvent soutenu ce propos (voir ce post par exemple) : pour moi, la systématisation des processus de création, lorsqu'elle n'a d'autre objet que l'augmentation de la production, est autre chose que de l'Art : c'est de l'artisanat. Une belle chose. Mais ce n'est plus de l'Art, pas à notre époque en tout cas. L'art actuel, post-contemporain si cela a un sens, a raffermi l'exigence technicienne qu'avaient progressivement détendu les expérimentations transgressives du XXe siècle dans lesquels primait souvent le concept. Ce retour à la technique est heureux, il a tout son sens aujourd'hui. Mais je me méfie de l'art uniquement fondé sur un 'process' : cette approche conserve de l'art contemporain ce qu'il a de moins noble, en ce qu'il sacralise facilement tout artiste qui se singularise par un protocole qui fait sa 'griffe', suffisant à pérenniser une production qui a tôt fait de devenir une industrie, ce que l'on masque trop souvent par le jeu de quelques pirouettes rhétoriques opportunistes et trop facilement absorbées. Le copyright du 'process' justifiant le statut de l'artiste est une recette économique, mais l'Art n'y est pas forcément.
Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire
?
— Pablo Picasso
vendredi 26 novembre 2010
Par ChrisAlz le vendredi 26 novembre 2010, 20:45
Portrait de Marion, pointe du Men Meur. Le
Guilvinec,
Bretagne. Début Août 2008. Extrait de carnet de croquis.
Par ChrisAlz le vendredi 26 novembre 2010, 20:43
lundi 1 novembre 2010
Par ChrisAlz le lundi 1 novembre 2010, 02:05
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