Visages 06 à 08-2008, première étape
Par ChrisAlz le mardi 7 décembre 2010, 01:54 - Lien permanent
Réminiscence, juillet 2008. Les toiles 06, 07 et 08-2008 à leur première étape de réalisation, qui a été faite simultanément. Initiés de façon similaire, les protocoles ont ensuite beaucoup divergé pour chacune des toiles. Une époque de jouissance créative, pleine de trouvailles sur mes thèmes de prédilection...
On me demande souvent quelle est 'ma' technique : même si elle se rejoue sur des bases familières, ce n'est jamais la même. Je veille à ne jamais systématiser le 'process', parce que je crois que si Art il y a, c'est dans la recherche et la prise de risque. J'ai souvent soutenu ce propos (voir ce post par exemple) : pour moi, la systématisation des processus de création, lorsqu'elle n'a d'autre objet que l'augmentation de la production, est autre chose que de l'Art : c'est de l'artisanat. Une belle chose. Mais ce n'est plus de l'Art, pas à notre époque en tout cas. L'art actuel, post-contemporain si cela a un sens, a raffermi l'exigence technicienne qu'avaient progressivement détendu les expérimentations transgressives du XXe siècle dans lesquels primait souvent le concept. Ce retour à la technique est heureux, il a tout son sens aujourd'hui. Mais je me méfie de l'art uniquement fondé sur un 'process' : cette approche conserve de l'art contemporain ce qu'il a de moins noble, en ce qu'il sacralise facilement tout artiste qui se singularise par un protocole qui fait sa 'griffe', suffisant à pérenniser une production qui a tôt fait de devenir une industrie, ce que l'on masque trop souvent par le jeu de quelques pirouettes rhétoriques opportunistes et trop facilement absorbées. Le copyright du 'process' justifiant le statut de l'artiste est une recette économique, mais l'Art n'y est pas forcément.
Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire
?
— Pablo Picasso
