Comme généralement, la constitution sédimentaire de ces visages se fait dans la lenteur des fins. Les principaux symptômes apparaissent comme une éclaboussure, dans le jaillissement galvanisant des évidences intuitives, dans ce qui doit être fait, doit être dit, dans ce qui doit être projeté.

Et puis viennent l'asymptote et l'abîme : travail lent et sporadique de destruction des architectures spontanées, elles disciplinent les emportements, s'éloignent de l'intime des à-peu-près, apportent le temps à l'espace, un peu plus de dess(e)in à la matière.

Le jaillissement essentiel peut se faire en quelques minutes, quelques heures, tout y est. Et puis viennent des semaines et des mois à regarder et regarder encore, pour toucher et retoucher fébrilement chaque fois que des bribes tardives de l'évidence, suspectes et nécessaires, surgissent. C'est comme une sculpture où l'on soustrait à la masse, et la taille est lente et délicate, car il ne faut pas blesser ce qu'elle recèle.

L'évidence est un instant, mais sa preuve est laborieuse. Ce travail asymptotique de recherche du point de déséquilibre qui dit et contredit et par cette vibration crée un peu la vie, est chaque fois un travail de deuil des candeurs premières, le prix à payer pour pérenniser le furtif, en cherchant à trahir le moins possible l'initial ... et en acceptant aussi un peu d'être emmené ailleurs.